Aibo ERS-1000: le chien robot de Sony est de retour et devient objet connecté en 2018

Souvenez-vous en juin 1999, Sony lançait l’Aibo, le premier chien robotisé. Ce compagnon artificiel est à l’époque une véritable vitrine technologique qui connait un succès fulgurant avec 3.000 premières unités vendues au Japon en seulement 20 minutes. Alors que le prix aurait pu sembler prohibitif  puisque qu’il fallait débourser 250.000 yens (soit prêt de 1.900 euros au cours actuel) pour l’acquérir cela n’a pas empêcher Sony d’en écouler plus de 150.000 dans le monde entre 1999 2006. Cette année là, le groupe nippon connait de grandes difficultés financières avec la montée en puissance de son concurrent coréen Samsung grappillant des parts de marché sur toutes les activités au groupe à l’exception de la branche PlayStation. Ces mauvais résultats financiers marquerons donc un coup d’arrêt à la section robotique de Sony dont les vedettes étaient l’Aibo mais aussi le superbe humanoïdes Qrio. A partir de ce moment là, l’Aibo devient véritablement un objet collector s’arrahcant à prix d’or sur les sites d’occasions. De véritables communautés se créées au tour du compagnon électronique et pour répondre à la demande Sony maintiendra  jusqu’en 2014 sa «clinique Aibo», une assistance clientèle pour les propriétaires de son chien robot. Encore aujourd’hui et alors que les premiers modèles approchent la vingtaine d’année, un véritable record de longévité pour un produit électronique beaucoup arrivent encore à réparer les bobos du robot.  En effet, certains ingénieurs retraités de Sony et passionnés continuent à jouer les réparateurs officieux. Mais alors que les pièces détachées deviennent compliquées à trouver beaucoup fantasmait sur le retour de l’Aibo. Pendant une décennie, des rumeurs sont souvent revenu sur le devant de la scène médiatique concernant un nouveau lancement commercial notamment en 2007 avec un potentiel Aibo PS lié à la PlayStation… Mais rien ne vu le jour jusqu’à l’annonce officielle mercredi dernier par Sony, d’un nouvel Aibo, le modèle ERS-1000 qui sera lancé au mois de janvier 2018 à un tarif de 198.000 yens soit près de 1.500 euros. (commercialisation prévue uniquement au Japon pour l’instant)

Aibo bascule dans l’air des objets connectés: IA, Cloud et machine learning au programme

En effet, après 17 ans d’absence, la nouvelle version prend la forme d’un chien d’un blanc ivoire, de 30 centimètres de hauteur aux yeux expressif. Vus remarquerez dans les vidéos qui suivent la fluidité des mouvements obtenu grâce aux 22 articulations (mue par des micro actuateur 1 et 2 axes).  Ce qui frappe tout de suite, c’est le design visant à ressembler plus à un vrai chien contrairement aux modèles précédents qui s’aventurait vers un style très robotique et futuriste. Mais ne vous laissez pas tromper par la bouille kawaii de l’animal sous le capot on retrouve en fait un objet en plein dans l’air du temps et l’Aibo bascule fort logiquement dans la catégorie des objets connectés. En effet, en regardant de plus prêt outre ses oreilles pendantes noires, sa queue remuante et ses yeux capables d’exprimer des émotions, vous remarquerez qu’il est truffé de capteurs, caméras et micros. L’ensemble est utilisable à distance via une connexion internet permettant ainsi à son propriétaire d’interagir avec lui à distance, via un smartphone. L’app nommée « My Aibo »dédiée permet notamment de regarder les clichés pris par le robot ou de télécharger de nouveaux « comportements» comme cela se fait déjà sur d’autres robots (ex: le Cozmo ou le Nao d’Aldebaran Robotics). Mauvaise nouvelle en revanche, d’un point de vue économique, il prend modèle sur le Pepper de Softbank Robotics. Ainsi, l’Aibo réclame un abonnement spécifique pour accéder à ce service facturé 25 euros par mois avec une durée d’engagement minimal de 3 ans! Cet abo sur le modèle SaaS viendra donc se rajouter au 1500€ nécessaire à l’acquisition du robot. L’application permet également de jouer avec un Aibo virtuel sur l’écran de son smartphone. Une partie des fonctions de l’application seront également accessible directement depuis un navigateur Internet via le site http://aibo.com.

Pour les yeux, Sony utilise eux écrans OLED capable d’afficher différentes expressions. Comme de coutume, en accessoire, un OS est disponble pour jouer (ERA-1020)

Ce qui a fait le succès des précédents Aibo, c’était leurs facultés à simuler le comportement d’un chien mais leur capacités d’interagir et jouer avec un homme. Bien entendu, si le nouveau modèle est pilotable à distance, il reprend tout de même les qualités premières de ces ancêtres en terme de comportements autonome. Ici, bien entendu, il fait appel à une intelligence artificielle qui profite des dernières avancées en terme d’apprentissage automatique. Ainsi, Aibo est capable d’apprendre non seulement sur son environnement, mais aussi sur son propriétaire. Sony assure qu’il n’y a pas de problèmes de confidentialité puisque le robot n’espionnera pas votre utilisation d’Internet et vos des réseaux sociaux, mais qu’il apprendra en fonction des interactions que vous avez avec lui. Il sera en mesure d’analyser qu’elles actions suscitent des réactions favorables chez vous. De son côté, il sera capable d’identifier vos sourires et réagir aux gratouilles sur la tête et le dos mais aussi de comprendre des mots gratifiants quand vous vous adressez à lui.
La panoplie ne serait pas complète s’il n’y avait pas en plus un option Cloud! Vous pouvez donc également connecter aibo aux services dans le « nuage d’internet » pour qu’il devienne plus intelligent en s’enrichissant grâce à une base d’expériences collectives de tous les Aibos. Sony garantit, cependant, que votre aibo sera toujours unique et sa personnalité affiné en fonction de votre propre goût. Le cloud pourra également être utilisé pour sauvegarder les paramètres de votre Aibo et les restaurer sur un robot neuf si le votre a été endommagé (ce qui permettra de retrouver l’expérience personnalisée de votre propre chien)

La vidéo ci-dessous permet d’apprécier la vitesse de déplacement de ce nouvel Aibo: vraiment fluide et naturelle!

Outre son IA le rendant le chien capable d’analyser les images et les sons pour en déduire les « émotions » de l’utilisateur ce qui lui permet de mieux interagir avec lui, l’Aibo est doté d’une camaré fish-eye (grand angle) servant à faire du (SLAM) lui permettant de s’orienter de manière optimale dans son espace.

Que pensez-vous de cette nouvelle version? Comme pour les assistants Google Home ou Alexa d’Amazon se pose le problème de l’exploitation des données collectées. De plus se pose la question de la vulnérabilité au piratage. En effet, depuis quelques années, les exemples de failles de sécurité critique se son multipliés, jouets dotés d’un micro que n’importe qui peut écouter jusqu’à l’électro ménager dont le contrôle peut être pris à distance. (cf il y a quelques jours le HomeHack touchant toute la gamme Smart Home de LG (robot-aspirateur, la climatisation, le réfrigérateur ou encore la machine à laver).

A gauche l’Aibo 2018 et à droite tous les modèles de 1999 à 2006.

Que pensez-vous du prix? Seriez-vous prêt à investir cette somme d’argent? Dans l’absolue, le prix est très élevé et n’a pas significativement baissé par rapport au modèle original des années 2000 cependant le tarif n’est pas plus délirant que celui de certains smartphone (ex: iPhone X) ou d’un ordinateur portable. Depuis des années, il est démontré que les animaux domestiques ont un impact écologique très important (plus qu’un gros 4×4!). Partant de ce constat, pensez-vous qu’à l’avenir des compagnons artificiels pourrons remplacer les animaux? Des études tendent déjà à montrer que la présence de robot facilite le maintient de personne à domicile de personnes âgées. De plus dans les services de gériatrie, il est démontré que des robots comme le Paro aide grandement dans le cadre de thérapie,  ou le robots est utilisé avec les patients atteints de troubles du comportement ou ayant des difficultés de communication dont les malades Alzheimer.

Comment voyez-vous l’avenir du robot compagnon? Il sera à destination de tous les foyers en complément ou remplacement d’un animal vivant ou sa place sera seulement dans les établissements spécialisés?

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